Manif incandescente (2)

(1ere partie de la nouvelle ici)

Alors que nous progressons lentement vers la place de la Nation, je note que je suis toujours aussi surprise par la grande effervescence qui règne dans les débuts de manif. Et j’adore cette bigarrure d’énergies politiques, ça me galvanise. Ca me conforte dans le fait de perdre une journée de salaire sans pour autant aller faire une sieste.

Il y a les motivé-es qui diffusent des tracts, à la volée, déjà enthousiastes avant même que les premiers fumigènes ne soient lancés.

Il y a les visages graves, parfois moustachus, parfois terriblement jeunes, des banderoles aux messages hilarants, des déguisements, des fanfares, des saucisses, des caméras, des k-way noirs, des familles, des syndicalistes vieillissants, des lycéen-ne-s qui chantent des slogans anti fascistes en toutes circonstances.

Un arrière plan divertissant et réconfortant, mais qui ne suffit pas à ôter de mon imagination des fulgurances érotiques de Jade, que je viens de rencontrer. Jade, l’infirmière à la poitrine rebondie. Ses yeux verts, sa malice. Ses pommettes hautes, veloutées, ses regards en coin, sa chevelure auburn qui encadre son visage animé – surtout en ce moment, alors qu’elle me parle de la cause féministe, non sans m’effleurer le bras ou me considérer d’un petit air moqueur, comme pour dire, je sais que je te plais. J’essaie de l’écouter au maximum, pour être à même de répondre ensuite sans être à côté de la plaque, mais je focalise sur ses lèvres roses, sur le bout de sa langue qui pointe entre ses dents, et que je n’imagine que trop bien pointer …

Non mais parce que tu vois, tant que le gap orgasmique existera, je ne vois pas comment les femmes vont pouvoir se libérer vraiment de l’oppression. Les femmes hétéros jouissent moins que toutes les autres catégories : moins que les gouines, moins que les PD, moins que les mecs hétéros. C’est fou hein quand même? C’est bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas? Je ne dis pas qu’on est obligé-e-s de jouir tous les jours, mais là quand même, question statistiques, ça fait peur!

Elle me lance un petit clin d’oeil, tandis que je rougis d’un coup. Je ne sais quoi dire, tout cela me semble trop intime pour être abordé comme ça, a fortiori avec une inconnue.

Allez, détends toi, je te demande pas de me raconter ta vie.. Seulement, si tu veux boire un verre après la manif, et me parler de toi, ou de ce que tu voudras, ou même de ne rien raconter du tout, ça me ferait plaisir. Je file en cortège de tête, les manifs à la papa derrière le camion saucisses très peu pour moi.

Elle m’épèle son numéro avant de filer gaiement avec ses copines dans la foule.

Je n’ose pas m’approcher du cortège de tête – en tant que médecin, je ne connais que trop bien les effets nocifs des gaz sur la santé, sans parler de la violence policière devenue coutumière pour peu qu’on soit mal placé-e, qu’on soit là au mauvais moment. Aussi je reste sagement derrière mon camion, discutant avec mes collègues de l’hôpital, essayant de faire contre mauvaise fortune bon coeur lorsque le cortège est bloqué par les gaz et que nous devons attendre avant de repartir. Un message à Jade, pour lui proposer un verre près de République, m’aide à être philosophe….

18 heures. Un café pas trop chic ni trop fréquenté. Nous avons l’air de deux copines qui se retrouvent après la manif, pour boire un vin chaud. Je me sens soudain gênée, d’être là à draguer une femme. Comment allons nous faire pour nous embrasser? Je n’ai jamais fait ça avec une nana. Si quelqu’un se moque de nous, ou pire encore, se mettait à nous agresser?

J’habite juste à côté, déclare Jade en écrasant sa cigarette, comme si elle lisait dans mes pensées. On monte? J’ai de la bière à la maison. Et tandis que nous montons l’escalier, je ne peux m’empêcher de mater son cul, moulé dans un pantalon noir. De m’imaginer attraper ses hanches et la pénétrer. De la faire crier. De la voir me supplier de rentrer en elle, encore et encore.

Nous buvons une bière, et Jade me parle de sa vie, de son quotidien en école d’infirmières, j’évoque pour ma part les journées harassantes à l’hôpital.

Allez, je t’avoue, j’ai envie de t’embrasser. Tu en as envie toi aussi?

Oui. Enormément. J’ai envie de sentir ta langue contre la mienne.

C’est un baiser langoureux, chargé de promesses, de sous entendus.

Je voudrais que tu enlèves ton pull. Je voudrais caresser tes seins.

Les seins de Jade sont énormes. Leur forme en poire, leurs aréoles roses, m’évoquent un havre de paix, et je me vois en train de les lui lécher, comme un animal. Je lui mordille les tétons, doucement, je teste ; je m’étonne d’être tellement à l’aise. De ne pas me poser trop de questions, de ne pas me sentir si débutante que ça.

Tu veux bien enlever tes vêtements? Oui, je vais me mettre toute nue, et tu vas me regarder.

Les habits éparpillés sur le sol encadrent son corps pâle, d’une blancheur éclatante. J’admire son ventre rond, ses seins doux. J’approche ma main de ses cuisses, les effleure : comme tu es douce. Comme tu es belle.

Elle ne dit plus rien, et prend ma main pour la poser sur son pubis. Je sens ses poils sous ma paume, et je descends doucement, je l’embrasse en même temps que je commence à sentir sa chatte humide dans ma main. Et ça m’excite terriblement. J’aurais envie de rester là, comme ça, les doigts sur sa chatte douce et trempée, à l’embrasser, à voir ses joues rosir ; aussi parce que je ne sais plus quoi faire. Une légère panique m’envahit alors : que dois-je faire pour la satisfaire? Quels gestes , pour lui mettre un doigt par exemple? dois-je me caler sur mon propre plaisir, ou bien me fier à mon intuition, à mon empathie?

Je crois que je veux que tu me guides, Jade. C’est ma première fois avec une fille.

Oh, tant mieux. Rien ne m’excite plus qu’une hétéro débutante. Petit clin d’oeil, qui signe la dérision. Elle me déshabille en me fixant de ses yeux espiègles. Je sais y faire. Je vais te faire jouir, tu vas voir. Tu vas adorer ça. Je vais te rendre accro, accro à moi, à mes mains, à ma langue.

Elle m’allonge sur le canapé, embrasse mon cou, mes oreilles, puis mes seins. Elle les soupèse, les admire, les embrasse. Tu es sacrément bonne quand même. Je sens contre moi sa peau douce, je sens même l’humidité de son entrejambe tandis qu’elle écarte doucement mes cuisses, dévoilant mon sexe. Elle le presse de sa main, en apprécie la texture, approche la main de mon visage et me caresse de sa paume en disant, regarde comme tu sens bon….

Alors, elle fait quelque chose d’incroyable, qui déclenche en chacune de mes cellules un plaisir inédit. Elle frotte sa chatte contre la mienne, comme un homme en fait, dans un mouvement très masculin. Je gémis fort, parce que la sensation est à la fois douce et puissante, je gémis fort parce que je ne m’y attendais pas – elle se frotte fort, son clitoris tout gonflé contre ma vulve trempée. Pour moi, le sexe entre femmes – entrevu à l’occasion de quelques films pornos – ne ressemble pas à ça : se lécher, oui, se mettre des doigts, mais mimer la pénétration et en tirer autant de plaisir, ça me parait complètement fou.

Tu aimes ça hein? tu adores même. Je le vois. Oh que oui, j’adore, continue, je t’en supplie. Ne t’arrête surtout pas. Tu adores que je te prenne comme une salope, avoue. Oui, c’est vrai. tais toi, continue.

Son souffle s’accélère au dessus de moi, tandis qu’elle continue à se frotter, de plus en plus fort ; et je sens le plaisir monter par vagues, progressivement, jusqu’à ce que des flashes en moi – la chatte de Jade trempée, ses gros seins qui s’agitent au dessus de moi, sa main qui sent encore mon sexe sur mon cou – défilent et me renversent dans un autre monde, un monde où je me fous de la tête que j’ai quand je baise, un monde où je ne pense ni à l’hôpital ni à l’heure du réveil le lendemain. Un monde où seul mon plaisir a de l’importance. Un monde où j’atteins l’orgasme, pour la première fois de ma vie, un orgasme qu’on ne simule pas, où on crie parce qu’on ne peut pas s’en empêcher. Je la sens accélérer et décharger, dans un dernier mouvement, au dessus de moi. Un liquide chaud se répand sur mes cuisses.

Elle s’étend sur moi pour reprendre son souffle et me propose en riant une serviette pour m’essuyer. Je suis fontaine! Dit-elle en allant dans la salle de bains. Je réponds : oui, j’avais remarqué! Et j’adore ça… Même si je suis un peu surprise, pour moi c’était un mythe.

La tête de Jade, étonnée, apparait par l’encadrure de la salle de bains. Attends, tu es médecin, et tu ne connais pas l’orgasme fontaine? Eh bien non… je me tais, embarrassée. Jade me donne la sensation d’être une petite scout timorée alors qu’elle est bien plus jeune que moi. Ah tu vois ce que je te disais tout à l’heure sur le gap orgasmique?

Tu crois que je peux être fontaine, moi aussi?

Ca je ne sais pas. C’est à toi de le savoir, c’est à toi de te lâcher, de ne pas avoir peur de t’abandonner. Mais je peux t’aider. Attends, j’arrive.

Jade revient de la salle de bains avec une serviette éponge dans la main et un gode ceinture autour de la taille. Je lance un rire gêné – l’objet me parait gros, artificiel, et pourtant, voir Jade affublée d’un strap-on me fait mouiller – ses seins, sa toison rousse, le harnais de cuir, son regard amusé me font penser qu’on peut vraiment s’éclater, elle et moi.

Allez rigole, t’es pas habituée mais tu vas adorer ça. Je vais jouer au mec, tu vas voir. Je suis sure que tu aimes être dominée.

Oh lala non. je n’aime pas la douleur, moi tu sais.

Mais t’es vraiment une débutante en fait! Je ne parle pas de contrainte, et encore moins de douleur. Je parle de donner des ordres, gentiment. De prendre le dessus, pour t’aider à t’abandonner. De jouer, pour te faire lâcher ton mental.

D’accord. Je suis Ok pour essayer. Mais si ça ne me plait pas je te le dirai d’accord?

Evidemment. J’espère bien, que tu me le diras, et je serai à ton écoute.

Elle s’approche lentement de moi. Des gestes étudiés. Un félin, avec le gode qui balance de gauche à droite, et j’essaie de ne pas rire.

Au lieu de rire, tu vas commencer à me sucer, si tu es d’accord.

Hmmm, je veux bien essayer. Au début, le gout du gode me déconcerte, mais le jeu, la force psychologique de ce geste – sucer Jade, la sentir me caresser les cheveux, l’entendre me dire : remue un peu ton joli cul, provoque en moi une excitation rare. Je me sens à sa merci, en confiance. Ouvre un peu tes cuisses, me dit-elle.

Elle caresse mon sexe doucement, du bout des doigts. Passe sur les petites lèvres, et déclare : vu comment tu mouilles abondamment, ça m’étonnerait que tu ne sois pas fontaine. Mais pour ça, je vais te torturer. Doucement. Gentiment. Je vais te faire languir ma belle, et tu n’auras pas le droit de jouir, jusqu’à ce que je décide qu’il en soit autrement.

Je ferme les yeux et abandonne mon entrejambe à sa bouche, qui reste à la lisière de mon sexe, qui m’effleure de sa langue, sans y aller franchement. C’est délicieux, de sentir son souffle ainsi. Délicieux, d’imaginer qu’une seconde après, elle me léchera peut être. Mais elle attend. Elle reste ainsi, à humer ma chatte, sans pour autant entamer quoi que ce soit. Elle eflleure mes cuisses de sa langue, fait le tour de mon clitoris : effectivement, elle me fait languir. Effectivement, je murmure : allez, s’il te plait, lèche-moi, j’en ai vraiment trop envie. Je ne suis pas sure, non, que tu en aies encore assez envie.

Elle monte légèrement sur mon ventre et me lèche sous le nombril, tandis que je sens sa poitrine frotter doucement sur mon pubis. Même mes cuisses sont trempées, je patiente tandis qu’elle descend, avec sa langue, en prenant tout son temps.

Et enfin, je sens la texture veloutée de sa bouche sur ma chatte toute gonflée de plaisir. Je vois ses yeux se fermer de délectation tandis qu’elle me lèche. Une marée s’élève au creux de mon bas ventre. C’est alors que je sens sa main s’introduire dans mon sexe : je vais y aller fort, si ça te va, me prévient elle. Et sa main fait monter une nouvelle contrée d’extase, je sens une pression qui grandit au niveau de mon pubis, je l’attrape par les cheveux pour qu’elle continue à me faire sentir sa langue. Jade s’arrête et sourit, les lèvres luisantes de ma mouille : ca te plait hein ? tu vois là, je suis sure que tu vas jouir. Mais continue, ne t’arrête pas! J’ai crié, et ça la fait marrer. Allez d’accord, j’arrête de te faire languir. Elle plonge de nouveau entre mes cuisses ; je sens sa langue tendre sur mon clitoris, et sa main ferme dans mon vagin. Elle accélère le mouvement, et maintient mon bassin de son autre main : je décharge dans un gémissement et sens une flaque s’arrondir sous moi. Tu vois que tu es fontaine! Dit elle en s’essuyant le menton, et on rigole de nouveau. C’était trop bon! Viens là, je veux t’embrasser, te remercier, te célébrer. Je veux sentir ton menton mouillé contre moi.

Maintenant, tu vas tout inonder pendant que je te baise.

Je ne sais combien de fois j’ai joui, cette nuit, sur son canapé, sur son visage, sur son gode, sur ses fesses même, tandis que je la retournais pour me frotter contre son cul rebondi.

Nous n’avons pas dormi. Je lui ai léché la chatte pour la première fois après que le soleil se soit levé. Sa belle chatte qui coulait dans ma bouche. C’était fou, incroyable, et je ne culpabilisais même pas au petit matin, quand je suis rentrée chez moi et que j’ai découvert Paul, les traits tirés, le téléphone à la main, encore en pyjama.

Où étais tu? Mais tu es folle! Je croyais que tu étais partie en garde à vue!

( A suivre)

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