Tuto 4 : la femme fontaine

Il existe un mythe selon lequel toutes les femmes seraient « fontaine », comprendre, peuvent éjaculer ou « squirter » (si jamais besoin d’un mot clé pour chercher de quoi s’impressionner sur les plates formes de porno). Mais si on renverse un peu la donne, on peut aussi partir du principe que tou-te-s leurs partenaires peuvent être « sourciers » ou « sourcières », aka déclencher la fontaine et trouver la source.

La face cachée de Catherine Deneuve

A partir de là, je vais digresser légèrement, maintenant que le suspens est à son comble et les serviettes éponge placées en évidence sur votre lit n’attendent plus que votre savoir faire .Un débat agite souvent les discussions autour de la sexualité entre les partisan-e-s de la technique et les partisan-e-s du feeling. Le bon coup n’existe pas, il n’y a pas de recette magique, sinon ça se saurait. Le sexe est avant tout affaire de confiance, de feeling, de magie éthérée grâce à laquelle les orgasmes s’enchaineraient tels des signes évidents d’amour profond, résonnant avec des sentiments d’une pureté qui n’aurait d’égal que la confiance en nous même, la capacité à nous « lâcher », et à partir de là, il est de votre responsabilité d’atteindre ce niveau de magie pour jouir, donc pas besoin de vous farcir la tête avec des croquis sur le clitoris et /ou le plaisir prostatique.

Mais mais mais…. On a tous et toutes vécu ces moments de grande fusion énergétique et si prometteurs, avec l’alignement des planètes et une dose suffisante de cyprine pour laisser le lubrifiant dans le tiroir. Des gestes lents et étudiés mais pas trop, du regard de braise, de la libido en barres. Pourtant, il s’avère que malgré la dose d’excitation maximale, votre partenaire n’aura pas su vous faire jouir, tout simplement parce qu’il ou elle n’aura pas eu les gestes précis, l’angle idéal, la technique qui vous convient. Et je ne sais pas si les bons coups existent vraiment, mais par contre, je suis sûre que l’univers est encore rempli de mauvais coups, qui sucent avec les dents ou s’attendent à un feu d’artifice au moindre effleurement.

Sorry John; but Max makes me squirt, I love him

Revenons à nos fontaines : du coup, je vous assure qu’il existe bien une technique relativement infaillible pour faire éjaculer une femme. Elle est assez simple du reste, aussi je ne vois pas pourquoi elle serait conservée par une petite minorité aussi jalousement que les clés du Medef, attendu que la sensation d’éjaculer procure un grand plaisir et qu’il n’y a pas de raisons pour que ça soit l’apanage de 48% de la population.

Vous n’avez pas le monopole de l’éjaculation je vous signale

Evidemment, il y a tout d’abord une barrière psychologique à dépasser pour la femme, typiquement « Mon dieu je vais me faire pipi dessus » > (le liquide de l’éjaculation est bien composé d’urine mais très très diluée) donc ben on se détend, on lache prise, et si besoin on peut s’entrainer seule à la maison devant un tuto youtube avec des boules de geisha. (On en va pas rentrer dans le détail mais les muscles du périné sont hyper importants dans le processus).

Evidemment pour le ou la partenaire, il y a cet équilibre à trouver entre la volonté philanthropique de faire découvrir un potentiel incroyable à une femme (plus de 80% d’entre nous considèrent que l’orgasme fontaine est une véritable avancée dans notre vie sexuelle) et l’obstination débile qui mise sur l’éjaculation féminine comme si c’était le dernier niveau caché de Mario Bross.

En tout cas, c’est plus simple de commencer avec la fameuse technique des doigts en crochet, 2 ou 3 selon la taille de votre main. Après quelques stimulations de votre gout (on ne va pas vous macher tout le travail hein non plus) glissez la main dans le vagin, placez le bout des doigts sur le point G (là où la membrane se fait rugueuse) et faites un mouvement rapide, saccadé de « viens là », les doigts vers vous. Vous pouvez avec votre autre main exercer une légère pression sur le bas ventre, ou bien exciter le clitoris.

Peut être que vous allez devoir vous y prendre à plusieurs fois pour trouver la vitesse et la force de pression qui vous convient (et si ça fait un peu mal au poignet c’est normal). L’idée est de ne pas changer de rythme, de garder une bonne vitesse de croisière – exactement comme un homme qui se fait branler en fin de compte (la loi d’harmonie dans la nature n’aura de cesse de nous émouvoir).

Une fois la fontaine déclenchée, attendez-vous à ce qu’elle se manifeste dans d’autres pratiques : cunnilingus, pénétration avec verge ou sex toy – plus facile au début si la femme est en amazone, ça lui permet de controler l’angle.

J’ajouterai que je suis assez sidérée par le nombre d’articles pseudo médicaux faisant état d’études scientifiques qui se penchent sur la composition de l’éjaculat féminine. Ok, peut être que tous ces mystères ont manqué d’éclaircissement précédemment, mais 1. Ce n’est pas hyper sexy de connaitre l’importance des glandes para-urétrales. 2. Un garçon qui éjacule a-t-il besoin de tout savoir sur la composition de ce liquide blanchatre échouant sur des kleenek roulés en boule dans la corbeille à papier? Je ne crois pas.

Enfin, s’il vous plait, quelle que soit votre surprise face au phénomène (lequel peut devenir impressionnant, surtout si votre salle de bains ou votre salon s’en trouve véritablement inondé), ne marquez pas de dégout trop explicite, ça peut bloquer la dite partenaire. (Et faites plutôt comme Daisy Lambert, écrivez nous des compos) (Sinon, ce documentaire d’Olivier Jourdain sur les femmes fontaines au Rwanda a l’air top)

Tuto 3 : la fellation

Pour peu qu’on regarde en arrière avec lucidité, la compassion pour cette jeune personne que vous étiez, enthousiaste certes, mais aussi vaguement stressée à l’idée de sucer une bite, vous prend au coeur.

Fellation du soir, détend la machoire

Qu’elle était mignonne, cette version de vous qui pensait sincèrement que englober le gland avec sa bouche sans saliver ni remuer constituait le parangon de l’acte érotique, prenant l’immobilité du partenaire comme un signe d’efficacité, et se félicitant d’avoir tenu deux minutes dans cette position un peu embarrassante, avant de remonter sur l’oreiller pour conclure la phase de préliminaires vers des choses plus sérieuses. Heureusement, aujourd’hui, vous savez sucer. Vous avez compris que le mouvement dit de la coulisse est d’abord lent, puis rapide. D’autant que comme l’explique Blanche Gardin dans ce sketch culte, les mains masculines vous encourageant à accélerer le mouvement laissent peu de place à l’hésitation ou à l’inaction. Maintenant que vous êtes adulte, vous acceptez même que le dit phallus puisse avoir une odeur, et si toutefois celle ci se faisait par trop rebutante, vous parvenez à exprimer gentiment qu’une petite douche aiderait sans doute à écarter la vision du plateau de fromages peu propice à l’envie de donner du plaisir oral à son/sa partenaire. (d’ailleurs, le dit partenaire va subrepticement passer de l’eau sur le dit phallus pour peu qu’une bonne pipe se profile, en n’oubliant pas de décalotter si absence de circoncision). (ceci était un message clair entre parenthèses, hein, au cas où).

En quelques mots, vous pensez sincèrement être un-e pro du suçage de bites, étant donné que le dernier en date vous réclamait assez souvent ce petit plaisir, qui était même devenu au fil des années de relation et des guéguerres sur la répartition des tâches ménagères un outil non négligeable de pression, ce qui n’est pas sans conséquence d’ailleurs : je fais un effort et je te suce la bite = sucer la bite est un effort = donner du plaisir est un effort = plus personne n’a envie de faire des efforts. Mais je m’égare.

Seulement, ce nouveau partenaire grimace légèrement alors que vous lancez, à genoux, un regard parfaitement étudié de dévotion en vous emparant fièrement du membre dressé pour le remettre en bouche, dit « le regard de salope ». Euh, articule t il dans un sourire qu’il espère détendu et bienveillant, tu peux y aller plus fort. Pas de chance, vous avez déjà une crampe à la machoire et votre nuque vous tiraille. Allez, on va ajouter un mouvement de la main, en exerçant une forte pression sur la base. Hmmm, dit l’autre en se tortillant. Souriant derechef. J’aime bien quand la main et la bouche font le même mouvement. Le regard se salope se fait perplexe. Vous ne pensiez pas que sucer peut s’apparenter parfois à une discipline olympique.

Ce n’est pas très féministe je vous l’accorde

Ou alors, à l’inverse, celui là préfère quand c’est doux. Ou sans les mains. Ou alors les gorges profondes (en vrai, ils aiment tous cela, hein, évidemment). Mais vous étouffez avec des bruits d’étranglement qui rappellent davantage votre dernière intoxication alimentaire que la bande sonore d’un Marc Dorcel. Du coup, vous sentez bien que vous avez encore du chemin à faire pour sucer votre partenaire, et ça vous décourage un peu.

Note : si vous faites partie de ces hommes souvent déçus par la pratique de fellation sur votre fabuleux membre viril, je vous propose de vous entrainer avec une banane ou un concombre. Cinq petites minutes, au rythme auquel vous aimeriez être sucé. Et tant qu’on y est, avec la profondeur que vous recherchez. Vous allez voir, c’est du sport – après ça, vous comprendrez pourquoi on dit que non, la taille ne compte pas tant que ça.

Mais avant d’entrer plus avant dans les détails techniques, une évidence pourtant essentielle : on ne suce pas si l’envie profonde et entière de s’agenouiller devant cette bite tendue ne vous motive pas à vous lancer dans la pratique. On refuse, on diffère, bref : si c’est pas le moment, ou si c’est pas votre pratique favorite, il suffit de le dire.

Corrélat : ce qui excitera votre partenaire, c’est la dévotion pour sa bite. Je répète : la dévotion pour sa bite. Donc avant de démarrer les hostilités, jeter un regard éperdu d’admiration quelle que soit la forme et la couleur de la verge, en agrémentant d’un gémissement gourmand + se mordre les lèvres comme si c’était la tarte aux fraises de chez Maison Lendemaine. Non, vous n’êtes pas ridicule, et ce n’est pas exagéré : si jamais cette idée vous fait sourire, dites vous que c’est ainsi que vous prenez le pouvoir sur la pratique, la transformant en jeu érotique et non en préliminaire de base rapidement torché. Oui, on a tous besoin d’être rassurés avec son sexe, et oui, ça marchera à chaque fois. Donc ne sautez pas cette étape.

Mieux encore : jeter des regards éperdus d’admiration, l’oeil brillant, bite en bouche, le plus souvent possible. C’est ça qui excite la plupart des hommes : qu’on puisse à ce point aimer sucer une bite. Pour celleux qui jugeraient que la fellation est un moment d’asservissement au plaisir masculin et se sentiraient comme un hologramme de la sexualité normée patriarcale ainsi dévolue à la bandaison, dites vous qu’il existe une autre possibilité : en suçant, vous prenez une forme de pouvoir sur l’autre. Il sera pieds et poings liés, assujeti au rythme, à la pression, à la dose de salive, à l’engouement que vous y mettrez.

La technique pure et dure :

Avant de commencer, on lèche la partie la plus sensible du gland chez la majorité des hommes, le frein (vous savez, ces petites lignes qui font se rejoindre le gland et la base de la verge) (Mère nature l’a même placé à portée de langue). On donne des petits coups de langue en serrant la base. Puis, on tourne avec la langue autour de la base, en marquant verbalement son envie ou son admiration. Version dieu fétiche. Hmm j’adore ta queue, qu’est ce qu’elle est bonne, qu’est ce que j’ai envie de te sucer, et j’en passe.

Ensuite, on ramène le plus possible de salive dans sa bouche avant de commencer (en évitant la version gros mollard hein) (quoique, il y en a qui kiffent). Car c’est aussi une technique indispensable : si vous ne lubrifiez pas suffisamment, vous risquez de lui faire mal. Ca tombe bien, en mettant le gland au fond de la gorge, vous saliverez plus facilement. Donc on bave comme un-e petit-e fol-le, vous pouvez même cracher, ou prendre la salive dans vos mains pour l’étaler, c’est pas les variantes qui manquent.

De là, deux écoles de garçons.

Ceux qui bandent bien dur et sans trop de problèmes. Ceux là préfèreront souvent le mouvement de coulisses avec la bouche et sans les mains, ce qui vous obligera à tenir un rythme avec votre seule nuque, mais vous pouvez lui agripper les fesses ou les hanches, quand vous en avez marre vous faites des pauses hein. (lécher le bout du gland est une activité bien moins épuisante).

Ceux qui bandent moins facilement,- (ah l’alcool passé 30 ans) et qui vont aimer sentir votre main qui serre fort la base, ou accompagner le mouvement de la bouche, bien fort si possible, car ils aiment être pris en main. Je sais, ça fait beaucoup de calories à la minute.

Important : on essaie de ne pas dissocier le mouvement de mains et celui de la bouche. Dans l’idéal, il faut que la cadence soit soutenue, que votre partenaire sente que vous êtes prêt-e à soutenir le rythme. Rassuré par celui là, si la jouissance venait à monter d’un coup, que vous n’allez pas le lâcher d’un coup en pleine extase. Ce n’est pas forcément la peine de bourriner non plus, dans tous les cas, se brancher aux signes non verbaux vous conduira à doser justement la pression.

Serrer fortement les lèvres dès le gland jusqu’à la base procurera une intense satisfaction à votre partenaire (c’est bon signe s’il s’évanouit).

Aussi : n’oubliez pas les testicules, ou l’anus, selon les préférences affichées, avec un massage léger ou des coups de langue.

Enfin, pour ce qui est de la gorge profonde, cette dernière se fait plus simple si vous vous mettez fesses vers lui, et non en dessous de lui – votre glotte sera ainsi moins sollicitée. De cette manière, vous pourrez travailler la qualité de l’angle dans votre gorge et ne pas avoir la sensation de dégobiller dès que la verge entre au fond de la bouche

Pour éviter les hauts le coeur durant la gorge profonde (qui sont par ailleurs parfaitement normaux), la technique simple consistera à choisir des positions où vous avez la tête légèrement en arrière. Par exemple, vous êtes allongé-e et votre partenaire est au dessus de vous, les cuisses autour de votre cou, ce qui présente l’avantage certain d’avoir ainsi accès à ses fesses, et de pouvoir jouer avec son anus, ou les testicules, assez facilement. (On peut aussi se dire que la gorge profonde n’est pas obligatoire, si la pratique vous rebute.)

Dans tous les cas, comme pour le cunnilingus, on se branche le plus possible à ses compétences d’empathie pour sentir ce que le monsieur au dessus de la verge préfère, avec sa sensibilité, ses habitudes. On répète le mouvement avec la cadence qui semble convenir, en variant de temps en temps pour le plaisir : doucement… puis de nouveau rapide…. Proposer au mec de vous mettre la main sur la tête voire de vous attraper par les cheveux permettra de montrer plus facilement la cadence qu’il préfère (non, ça ne fait pas de vous une petite chose soumise).

Une fois délimités ces principes somme toute très techniques, il est important de préciser que la fellation peut être aussi un art. Si vous aimez cela, vraiment, alors vous pouvez rendre votre partenaire complètement dingue. En choisissant de le torturer , par exemple. Genre, de vous arrêter à chaque fois que vous sentez qu’il va jouir, de le fixer, en mode, non pas maintenant, puis de reprendre. Ou alors; d’y aller d’abord très doucement, puis d’enserrer de plus en plus, en descendant lentement, avant d’accéléler le rythme (ne passez pas non plus d’une cadence à l’autre, ça va le destabiliser plus qu’autre chose). De faire durer le plaisir, de lui montrer que vous n’êtes pas là pour vous débarrasser de l’affaire. Et avec les mains, vous pouvez lui caresser le torse, le bassin, les tétons….

Enjoy les petit-e-s coquin-e-s!

Tuto 2 : le cunni en pleine conscience

Les cheveux en pétard après le cunni c’est bon signe en général

Puisque qu’une video toujours vaut mieux qu’un long discours, il y a une source d’inspiration inépuisable ici et (attention, liens NSFW)

Que voit-on sur ces vidéos pornos montrant des cunnilingus sur partenaire allongée – à plat ventre fesses en l’air – à califourchon sur le visage de l’autre?

Des gens HEUREUX de lécher une chatte. Iels n’ont pas l’air hésitant-e-s une seule minute, ni perplexes, ni soupçonneux-ses de leur capacité, voire de leur talent, à faire jouir leur partenaire grâce à leur langue (et à leurs doigts). Iels ont l’air même carrément CONTENT-E-S.

D’accord, il n’existe pas de recette magique, et c’est une grande perplexe de base face à cette pratique qui s’adresse à vous, mais s’il y a UNE règle d’or et de cyprine en la matière : pratiquer le cunnilingus seulement si l’envie, profonde, est là. Sinon, libre à vous de décliner, évidemment (de toutes façons, libre à vous for ever) ou bien de mentionner votre hésitation de base tant à cette pratique, votre envie d’être aiguillé-e, si tant est que votre partenaire est disposée à se transformer en prof (il y a quand même de la matière si vous voulez acquérir deux trois bases par vous même)

Parce que si on vous conseille souvent de communiquer, ce qu’on dit moins, c’est que nous les personnes munies d’une chatte, n’avons pas forcément envie de devenir pédagogues, de rentrer dans les explications fastidieuses au motif que vous avez eu la flemme de vous rencarder. On préfèrerait mordre dans l’oreiller plutôt que de nous transformer en GPS du cunni.

Mais n’empêche que sur ce point, n’ayez pas peur d’avoir l’air prétentieux-se : on vous pardonnera toutes les fautes de parcours pourvu que vous ayez l’air d’aimer donner du plaisir autant que d’en recevoir. Donc, on a le droit de se réjouir, de base, d’avoir la chance infinie de pouvoir toucher de la langue cette partie du corps, aussi molle et mouillée puisse-t-elle sembler, et on se rappelle que lécher une chatte n’est PAS une discipline olympique, mais bien une affaire de pleine conscience, de comment on habite cet instant là avec sa partenaire, de comment on se met au diapason du corps qui se cambre, qui réclame, qui repousse, qui jouit, qui en demande encore.

Youpi tralala

Pourquoi? Sans doute parce que le complexe sur la vulve – trop en dehors, trop grande, trop large, trop étroite, trop compliqué, trop steak de cheval, que sais-je – est assez partagé chez les personnes affublées de la dite vulve. Donc déjà, on se familiarise avec cette idée qu’il y a des vulves coquillages, des vulves papillons, des vulves timides, des vulves fières, des vulves multipares, des vulves choyées ou laissées pour compte depuis un moment, des vulves chatoyantes, des vulves rose beige comme les salles de bains à Leroy Merlin. Des vulves rompues à l’exercice et d’autres qui (re)découvrent. Des vulves militantes et d’autres interrogatives. Des sensibles, des expertes, des sportives. Des poilues comme des petits kiwis et d’autres en mode fruit du dragon. Si vous n’êtes pas familiarisé-e avec le panel d’offres possibles, des comptes instagram comme gangduclito ou mydearvagina peuvent constituer une intro intéressante. Il y aussi ce mignon podcast dans lequel un jeune homme de 25 ans, raconte son premier cunni totalement raté, et compare le sexe féminin à une chaise : « Une chaise à la base, tu te dis, c’est comme ça. Alors qu’en fait il y a tellement de design différents, ça mérite un musée de la chaise » (je retranscris de mémoire). C’est tellement ça.

Une fois ces principes posés, d’accord, mais comment faire?

Bah écoutez je crois qu’on est vraiment toutes différentes sur le propos, là dessus, on ne vous a pas menti. Tout de même, il semble exister deux trois consensus :

1° Si on veut mettre à l’aise sa partenaire, on ne lui propose pas direct un 69 de cow-boy, et on descend doucement jusqu’à la vulve en embrassant le ventre, les cuisses… La plupart des femmes préfèrent être confortablement allongées, mais bon, l’occasion se présente assez rarement sur une plage de galets de toutes façons. Des points bonus si vous manifestez votre envie irrépressible de donner du plaisir en vous râpant la langue sur le tissu de la culotte avant de la retirer.

2° On ne commence pas comme un-e gros- taré-e biberonné-e au porno capitaliste en y allant fort, genre en écartant tout de suite les lèvres pour atteindre le clitoris et le lapper avec des coups de langue ultra rapides – avec ça vous allez vous épuisez, et nombre de nanas ont besoin de temps pour se relâcher dans le plaisir . Donc on voit comment ça se passe, comment ça soupire là haut, en venant stimuler les petites lèvres par exemple, en faisant les fameux ronds avec la langue, et avec une écoute totale de comment réagit votre partenaire (par exemple, si elle vous donne des coups sur la tête = vous lui faites mal, elle vous caresse les cheveux = c’est mieux)

3° On établit un distinguo technique entre langue pointue, ciblée, précise, et langue plate, plus enveloppante.

La langue plate pour les nuls

Il y a celles qui préfèrent le direct et celles qui affectionnent la suggestion, être simplement effleurées. Selon les signes de la partenaire, on se câble sur l’une de ces techniques. Pour info, le petit capuchon sur le clito est déjà très sensible, donc ce n’est pas la peine de partir en spéléo . De même, il y a les moments où on aime que vous vous concentriez sur cette partie, et les moments où on se demande pourquoi vous ignorez à ce point ce qu’il y a autour, en dessous, au dessus.

4° La pleine conscience ce n’était pas une blague. Profitez de cet instant pour vous connecter au mantra de la chatte, pour vivre pleinement la connexion avec le plaisir de l’autre, pour vous immerger- littéralement, si tout se passe vraiment bien, vous aurez peut-être même besoin d’une serviette éponge.

4° Un mécanisme assez subtil s’établit dans l’oscillation entre la répétition d’un geste qui mène à l’extase et l’innovation, les essais nucléaires. Il faut savoir manier les deux. Jouer de la pénétration, éventuellement d’un toy (rappelez vous ces cours d’éducation physique en maternelle, quand vous vous tapiez sur la tête en faisant des cercles sur le ventre avec la main), tenter un peu de nouveauté. Cependant, si vous faites des ronds puis des carrés, si vous mettez trois doigts puis les enlevez brusquement, si vous y mettez le nez puis la tête, ça risque fort de déstabiliser votre partenaire. On répète le geste qui semble marcher, puis une fois la crampe installée et/ou l’orgasme visiblement atteint, là, on innove. On prend son temps quoi.

5° Car oui, les femmes ont souvent la chance de pouvoir cumuler les orgasmes. Donc ne vous arrêtez pas en si bon chemin, maintenant que tout le monde commence à bien s’amuser.

6° Et quand on en a marre ben on arrête. Tout simplement. Il reste toujours les doigts et les pieds. Ou alors vous pouvez décreter que c’est votre tour.

S’il te plait l’univers aide-moi à lâcher mon mental pour lécher une chatte

Tuto 1 : Comment réussir son plan à 3

Il y a deux écoles sur le plan à 3, selon la configuration dans laquelle vous vous trouvez :

Après des semaines de tergiversations, d’organisation aussi (ce moment où tu t’es demandé s’il n’aurait pas été plus simple de faire un doodle), tout le monde est d’accord, ton/ta partenaire est plus chaud-e que le climat, nous y voilà, c’est plan à 3 ce soir : un-e troisième partenaire de jeux qui vous plait à touTEs les deux (ce qui déjà peut être une gageure en soi) ne va pas tarder à débarquer. Si tu es en couple, tu sans doute même fixé des règles, des limites, des envies particulières.

Ou alors, deuxième possibilité, tu ne sais pas trop pourquoi, mais il se trouve que là, ces deux ami-e-s avec qui tu étais en train de parler tranquillement de la prison à vie pour Balkany sont actuellement en train d’enlever leurs pantalons, et on ne peut pas dire que ça te laisse de marbre, alors tu décides de rejoindre le mouvement, c’est pas tous les jours qu’on peut rigoler (on est d’accord que ceci arrive somme toute rarement, et on peut aussi provoquer le destin avec des applis type 3nder, ou des sites de rencontres libertines).

Selon cette configuration de base, voici les clés de la réussite :

Déterminer les forces en présence : trio HHH, FFF, HFF, FHH. (femme/homme). Gays, bisexuels, pansexuels, trans, skoliosexuel, (attiré-e-s par les personnes non-binaires…), hétéros : on ne fait pas un HHF de la même manière avec deux hommes bis ou deux hommes hétéroflexibles. Si BDSM il y a, qui est soumis-e, dom, switch?

Un trio classique, ou bien un trip candauliste (l’un-e sera en posture de voyeur/voyeuse), voire cuckholding (cette même personne aimera l’humiliation infligée par la jalousie de principe à voir son/sa partenaire avec un-e autre). Mélangisme, côte-à-côtisme avec l’un-e qui préfère seulement se caresser… La bonne nouvelle, c’est que vous ne manquez pas de possibilités.

Seulement, sachez qu’à moins d’être dans l’abondance totale avec un grand lit king size, trouver une position sur un deux places qui convienne à tout le monde nécessite un peu de distance pragmatique sur le futur déroulé des opérations (ce qui se complique encore davantage en présence d’un clic clac). Et une fois que l’un-e est en dessous, l’autre de guingois, si la position vous lasse ou que la tendinite vous guette, se mouvoir avec sensualité sur 80cm2 de draps froissés peut décourager les meilleures volontés. Au final, un grand tapis fera sans doute mieux l’affaire.

Dans tous les cas, énoncer clairement ses désirs, ou ses limites, permet à tout le monde de pouvoir se positionner – au sens propre. Selon les forces hétéros/bis/homos en présence, vous pourrez profiter de la vue en alternant sexe oral, caresses et pénétration : on pourrait s’allonger, toi tu pourrais te mettre sur le ventre, tiens tu veux un oreiller?

Pour éviter le grand écueil du plan à plusieurs – à savoir, le sentiment d’exclusion de la part d’un-e partenaire, qu’iel soit en couple avec vous ou non – il faut savoir jouer du regard. Si vous passez un certain temps à jouer avec l’un-e , regardez l’autre, invitez le/la à se caresser, marquez lui une certaine attention (se retrouver en position de voyeur/se peut s’avérer frustrant, à la longue). Des caresses aussi, beaucoup, des baisers, des mots, évidemment, ça évite le sentiment d’objectivation, surtout si on est la tierce personne avec un couple établi. Les premières fois, la pratique du slow-sex présente l’avantage de mesurer l’aisance de tout ce petit monde. Ce n’est donc peut être pas la peine de se mettre tout de suite à quatre pattes.

Messieurs hétérosexuels qui fantasmez depuis des années sur un plan à 3 avec deux femmes, ce message vous est particulièrement adressé, surtout si vos partenaires de jeu sont elles-mêmes bisexuelles : non, le sexe entre femmes n’est forcément pas doux, avec des caresses mignonnes et des fondus enchainés. Mesdames, c’est le moment ou jamais de rentabiliser ce harnais en cuir acheté un jour de folie à Démonia.

Quoi qu’il en soit de la configuration de base, le problème du plan à 3 prévu en avance, c’est qu’il est prévu en avance. Peut être qu’on va laisser tomber les bougies et la compilation baise, histoire de ne pas se coller trop la pression non plus. Et s’enliser dans des conversations interminables parce qu’on est embarrassé peut aussi signifier, j’ai besoin de temps pour réfléchir.

Si le plan se fait de manière impromptue (bande de veinard-e-s), je crois qu’il est important de laisser toute sa place à la petite gêne qui peut monter quand on se retrouve en POV avec des inconnu-es-: tiens, je ne l’avais jamais vue sous cet angle, la voisine. Et de ne pas se sentir trouble-fête si on doit interrompre cette petite partouze improvisée, fut-ce pour une courte pause avant de reprendre ses esprits (et du lubrifiant).

S’il y a pénétration, avec verges ou avec jouets, prévoir masse de capotes, parce que qui dit alternance dit aussi warning (je conseille au passage ce podcast assez drôle d’une journaliste qui enquête sur l’origine de sa chlamydia et remonte le fil de ses partouzes).

D’expérience, c’est mieux si l’un-e d’entre vous se charge, même momentanément, d’organiser les opérations – quitte à tourner dans ce rôle. Ca permet à celles ou ceux qui ne sont pas rompu-e-s à l’exercice de déposer une certaine charge mentale : de se sentir guidé-es et accompagné-es. Si c’est vous qui tenez ce rôle, sachez que l’attention au bien être et au consentement de vos partenaires vous incombera davantage – enfin, ne faites pas comme moi qui ai interrompu un plan à plusieurs au motif que la fille ne gémissait pas beaucoup, je crois qu’elle n’est pas hyper d’accord là, si? Ah si…. Ok, pardon, on reprend.

Si on est dans une configuration deux hommes hétéros et une femme, n’oublions pas qu’il y a d’autres possibilités que la double pénétration (pratique qui demande un minimum de lâcher prise), qu’on est pas obligée d’y aller comme au turbin (parce que oui, une dans la bouche et l’autre dans la chatte/le cul, ça file des crampes). La double pénétration vaginale avec un peu de préparation, vous n’y aviez pas songé mais maintenant que vous y pensez…?

Et les possibilités, il y en a plein (malheureusement, on n’est pas dans le queer friendly, j’ai rien trouvé de NSFW qui soit vraiment satisfaisant) – et rappelons nous qu’en l’absence de caméras et/ou de coachs sportifs, on est vraiment pas obligé-e-s d’en faire des performances non plus.

Tiens on va mettre bleu pour les garçons et rose pour les filles
Je sais pas si la rose pâle a la meilleure vue
avouez que ça a l'air sympa
Avouez que ça a l’air sympa
Bah moi dimanche j’ai travaillé ma coordination et mon gainage